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savoircpouvoir

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Ce blog a pour objectif de montrer notre monde sous un autre angle et de vous révéler des informations plus ou moins "omises " par nos médias de masse.


Les 7 péchés de Chavez par Michel Collon

Publié par savoircpouvoir sur 27 Mars 2011, 18:48pm

Catégories : #Géopolitique - Médiamensonge

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Un livre au carrefour des grands problèmes du monde actuel. C'est l'Histoire inconnue du pétrole. Comment il a déterminé notre Histoire. Comment il déterminera les grands conflits des années à venir. C'est la face cachée de l'Amérique du Sud. Révélant les mécanismes de pillage du tiers monde ; qu'occultent les manuels et les médias officiels. C'est une analyse globale de la stratégie des Etats-Unis pour dominer le monde. Exposant les mécanismes et les lieux de pouvoir des multinationales. Que préparent-elle ? Mais c'est aussi le récit, par un observateur privilégié, de la formidable aventure du Venezuela. Un homme dit qu'on peut résister aux multinationales et vaincre la pauvreté. Populisme ou réelle alternative ? Quels sont les vrais péchés d'Hugo Chavez ? Un livre fondamental, mais simple et passionnant. Les clés pour comprendre où va le monde.

 

Conférence du journaliste belge Michel Collon, auteur du livre "Les 7 péchés de Chavez". 


 
La révolution ne sera pas télévisé
 
 
 

Dix ans après les faits, le coup d’Etat raté contre Hugo Chavez se regarde encore comme un film d’action à la Paul Greengrass. Kim Bartley (coréalisatrice avec Donnacha O’Briain) a capturé les événements au cœur du palais présidentiel pris d’assaut. Récit épique.

Le but initial de votre travail au Venezuela était de réaliser une biographie d’Hugo Chavez : dans quelles conditions s’est déroulé votre tournage ? Est-ce que cet accès exclusif à la tête de l’Etat vénézuélien a pu influencer votre vision du contexte local ? Comment avez-vous réussi à gagner la confiance de l’entourage présidentiel afin de poursuivre votre travail?

 

Nous avons simplement passé les mois précédents à nous immerger dans le quotidien du palais présidentiel, en essayant de comprendre voire gagner la confiance de l’entourage de Chavez. Au moment du déclenchement du coup d’Etat, nous étions connues et acceptées mais ce fut un processus très long. Personne dans l’entourage de Chavez n’avait eu d’expérience de documentaire ou avait été filmé pour autre chose que des reportages d’information, si bien que très souvent les gens ne comprenaient pas pourquoi nous voulions filmer ce qu’ils considéraient alors comme des banalités routinières.

Nous avons également filmé des centaines d’heures de rassemblements et autres manifestations dans les barrios… cependant, il est évident que lorsque le coup d’Etat s’est produit, les événements d’avril 2002 ont pris le pas sur le reste. Bien que nous ayons bénéficié d’un accès « exclusif » d’un point de vue documentaire, nous étions bien loin d’un accès sans entraves.

Nous étions là pour réaliser notre expérience documentaire dans un style « vérité », le but étant d’observer plutôt que de livrer une actualité « reportage ». Ce film n’a jamais eu vocation à être un véhicule pour l’exposition d’une analyse approfondie, aussi je ne pense pas que « l’accès exclusif » ait influencé notre vision de ce qui se déroulait au Venezuela à cette époque.

« D’un point de vue de documentariste, ce fut un moment extraordinaire de se retrouver à l’intérieur, d’enregistrer ce qui se produisait »

Au fur et à mesure que les événements s’enchainent lors de votre présence au palais présidentiel de Miraflorès, vous vous retrouvez subitement au cœur de l’action. Quel était votre état d’esprit à ce moment ? Êtes-vous subitement devenues des reporters de guerre ?  Aviez-vous hésité à continuer à tout prix au péril de votre propre sécurité ?

La situation ce jour-là était extrêmement tendue, il y avait énormément de confusion et de bruit, personne ne savait vraiment ce qui se passait. Je pense que tout le monde à l’intérieur du palais ce soir-là se sentait nerveux, mais nous n’avons jamais envisagé de quitter les lieux. D’un point de vue de documentariste, ce fut un moment extraordinaire de se retrouver à l’intérieur, d’enregistrer ce qui se produisait.

« Je ne me vois pas comme une cinéaste militante mais comme une cinéaste engagée »

Quand nous avons quitté notre appartement ce matin-là, nous n’avions aucune idée qu’en début de soirée nous allions être à court de cassettes et commencer à écraser les scènes que nous avions prises le jour-même… heureusement, nous disposions de suffisamment de batteries.

En dépit d’un accueil globalement positif du film, la critique s’est portée sur le manque de contextualisation et certains vous ont même taxé d’être pro-Chavez (certains membres du gouvernement du Venezuela auraient encouragé sa diffusion pour conforter le soutien à l’administration de Chavez, NDLR). Comment défendez-vous la neutralité et la véracité de votre reportage ? Diriez-vous que vous êtes cinéastes militants?

 

Je ne me vois pas comme une cinéaste militante mais comme une cinéaste engagée. J’aime me consacrer à des sujets que je considère légitimes et c’est évidemment un choix subjectif, or, quand je démarre un tournage je m’efforce de rester critique et ouverte d’esprit. Travailler avec une coréalisatrice a été, dans ce cas, une expérience fantastique, car cela nous a permis à la fois de nous remettre constamment en question et de débattre pendant la totalité du processus, du l’origine jusqu’à la postproduction.

Nos idéaux de l’époque étaient bien plus proches du camp de Chavez que de l’opposition vénézuélienne, mais cela était évident dès le début du documentaire et il est tout à fait raisonnable pour un documentaire « d’auteur créatif ».

Quelle sorte de pression avez-vous du subir dans la production de votre documentaire ? Est-ce qu’un quelconque gouvernement a tenté de dénoncer ou de promouvoir votre travail ?

Non, il n’y a jamais eu de pression autre que les pressions commerciales habituelles pour pousser à la dramatisation : l’un des diffuseurs voulait monter le récit à la première personne, en nous prenant comme sujets en tant que cinéastes, de sorte que la voix off raconte à quel point nous étions effrayées… ce genre de bêtises. Mais nous avons refusé. Toutefois, politiquement parlant, il n’a jamais été question de pression. Le gouvernement vénézuélien à ma connaissance, a pris le film comme une preuve de leur version des faits, ainsi soit-il.

En 1992, Chavez avait tenté un coup d’Etat militaire et a été emprisonné à la suite de cet échec. Devrions-nous voir en lui un « tyran éclairé » qui cherchent à libérer son peuple en utilisant les mêmes méthodes que ses adversaires ? Ou est-il une sorte d’Allende victorieux ?

Je n’aurais certainement pas à le qualifier de « tyran », il a été élu démocratiquement à trois reprises. Bien qu’il existe des comparaisons faites avec Allende, Chavez a un style bien à lui.

« L’expérience m’a appris à ne pas croire ce que j’entends dans la presse au sujet du Venezuela »

Avez-vous eu la possibilité de rencontrer des représentants de médias de l’opposition telle que la chaîne RCTV, manifestement impliquée dans le soutien aux putschistes ?

Non, nous n’avons jamais eu aucun contact avec eux. La responsabilité des médias dans la genèse de l’hystérie collective était claire pour nous bien avant le coup d’Etat, cependant les véritables rôles de ces protagonistes sont devenus plus explicites par la suite.

Dix ans après les faits, comment considérez-vous ce documentaire ? Est-ce que votre jugement a évolué par rapport à la situation politique du Venezuela ? Des regrets ?

 

Ce fut une expérience fantastique et j’ai pour principe de ne pas commenter les évènements dans la mesure où je n’y suis pas retournée depuis des années… L’expérience m’a appris à ne pas croire ce que j’entends dans la presse au sujet du Venezuela ! Pour former une quelconque opinion équilibrée des évènements actuels, il faudrait beaucoup de lecture et un suivi continu et je n’ai vraiment pas de temps à consacrer au Venezuela quand je travaille sur de nouveaux sujets.

Je garderai toujours une grande admiration pour ce que Chavez tente d’accomplir : faire qu’une majorité du peuple vénézuélien participe au changement et se rende compte que les citoyens ont aussi une voix. Mon seul regret est d’avoir perdu trop d’énergie aux prises avec certains de ceux qui ont tentés de jeter le discrédit sur ce documentaire.

 

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