Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

savoircpouvoir

savoircpouvoir

Ce blog a pour objectif de montrer notre monde sous un autre angle et de vous révéler des informations plus ou moins "omises " par nos médias de masse.


Inculture(s) 1 : " L’Education Populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu ! " ... ou une autre histoire de la culture...

Publié par savoircpouvoir sur 1 Avril 2012, 07:04am

Catégories : #Société

pavevisuel2.jpg

 

C’est ce qui m’est arrivé. Et c’est l’histoire que je vais vous raconter.
Quand je dis : « J’ai arrêté de croire à la culture », entendons-nous bien, c’est idiot comme phrase !
Non, j’ai arrêté de croire, pour être très précis, en cette chose qu’on appelle chez nous « la démocratisation culturelle...
C’est l’idée qu’en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu’ils vont rattraper les riches !
Qu’on va les « cultiver » en somme. Voilà, c’est à ça que j’ai arrêté de croire.
Je faisais ça dans les banlieues, c’est là qu’ils sont souvent, les pauvres. ..Et donc, je leur balançais des charrettes d’engrais culturel, essentiellement sous forme d’art contemporain et de « création ». Il y a beaucoup de fumier dans l’art contemporain.
De la danse contemporaine, du théâtre contemporain, de la musique contemporaine... pour les faire pousser.
On parle aussi de réduction des inégalités culturelles ou « d’ascension sociale » par la culture.
Mais j’ai compris bêtement un jour que les riches avaient les moyens de se cultiver toujours plus vite...

C’est là que j’ai arrêté de croire.


Un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’exploitation s’appelle gestion des ressources humaines et l’aliénation s’appelle projet.

Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité mais simplement de nous y adapter en l’approuvant à l’infini.

Des « concepts opérationnels » qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme même quand nous pensons naïvement le combattre...

Georges Orwell ne s’était pas trompé de date ; nous avons failli avoir en 1984 un « ministère de l’intelligence ».
Assignés à la positivité, désormais, comme le prévoyait Guy Debord : « Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon. »

Durée de la conférence : 3 heures30 (+ entr’acte)

 

 

 

 

 

 

 


 

source : http://www.scoplepave.org/la-culture

 


L’École…ou comment j’ai raté mon ascension sociale. Une autre histoire de l’éducation.

En 1792, la Convention auditionne le rapport du marquis de Condorcet sur l’instruction publique. Qui se souvient des autres projets d’éducation, dont celui de Mirabeau, de Talleyrand, et celui de Lepeletier de St Fargeau.

A la différence de ce dernier qui interrogeait vraiment les conditions d’une égalité des apprentissages et des savoirs, le plan de Condorcet comporte un fort risque d’élitisme et une différenciation des citoyens par le savoir, difficulté habilement contournée par le recours ambigu au concept de “méritocratie”.

Deux siècles et 182 ministres plus tard, on pose toujours la question : “Comment concilier égalité des savoirs et méritocratie ?” On ne le peut pas ! La méritocratie et l’égalité sont inconciliables ! Ce sont deux principes opposés et il faut nécessairement choisir, le comble de la perversité étant de choisir la méritocratie en faisant semblant de désirer l’égalité.

La conférence

(durée du spectacle 3h30)

Le spectacle utilise l’image du parapente (l’ascension aérologique) comme métaphore de l’ascension sociale. C’est donc tout autant une leçon de parapente.

L’école reproduit les hiérarchies sociales, les confirme, les légitime. Ce n’est pas une école de l’égalité mais de l’inégalité, rebaptisée « égalité des chances ». Pourtant, il s’en est fallu de peu que l’on adopte le plan d’éducation de Lepelletier de Saint Fergeau et non celui de condorcet.

Pourtant, savoir cela, (et l’avoir vérifié personnellement) ne nous avance guère pour agir.
La conférence emprunte à différents auteurs (François Dubet, Bernard Defrance, jean Louis Derouet, Nico Hirt, Bernard Charlot, etc. ) et articule différents enjeux d’aujourd’hui : 

  • Les pédagogies reproductrices d’inégalité : la notation individuelle, la « constante macabre »…
  • La réussite scolaire et le rapport au savoir
  • La confusion entre démocratisation et massification
  • Le décrochage radical entre école et emploi, l’ineptie d’une école adaptée au « marché du travail ».
  • La fin programmée des systèmes nationaux d‘éducation et la mise en place d’un « marché éducatif
  • La coexistence impossible des trois missions (éduquer, instruire, former) dans une société de chômage de masse.
  • Etc.

 


 

 
http://www.scoplepave.org/l-ecole

Archives

Articles récents