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savoircpouvoir

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Ce blog a pour objectif de montrer notre monde sous un autre angle et de vous révéler des informations plus ou moins "omises " par nos médias de masse.


De Pétain à la CIA, la face cachée de Robert Schuman 2/2

Publié par savoircpouvoir sur 12 Juillet 2011, 20:36pm

Catégories : #Histoire

 

5 – Qu’a fait précisément Robert Schuman entre septembre 1940 et novembre 1942 ?

Entre septembre 1940 et novembre 1942 se place alors une partie de la vie de Robert Schuman qui est incontestablement la plus mystérieuse et sur laquelle tous les ouvrages dithyrambiques n’aiment pas à s’attarder.

Josef BürckelFrançois Roth relève un fait étrange : alors que de nombreux Messins et Mosellans sont expulsés du département de la Moselle par le Gauleiter nazi Josef Bürckel ►, Robert Schuman, quant à lui, fait le chemin inverse. Il rentre à Metz en zone occupée où il ne trouve rien de mieux à faire que de brûler sa correspondance. Puis… il se rend à la police pour discuter du rapatriement des réfugiés mosellans. On lui propose de collaborer avec les autorités allemandes (1).

Que s’est-il dit entre Robert Schuman et les autorités nazies de Metz qu’il était allé voir, lui ministre du gouvernement sortant, et cela sans aucun mandat d’aucune sorte ? Nous n’en savons rien de précis si ce n’est qu’il aurait « refusé de collaborer », comme nous en assurent ses défenseurs. Mais quel était l’alors l’objet initial de sa démarche ? Quoi qu’il en soit, Robert Schuman est placé en état d’arrestation et écroué de septembre 1940 à avril 1941. Michel Albert s’en extasie en lançant que « pendant la guerre, ayant refusé toute collaboration avec les Allemands, il avait été le premier parlementaire français jeté en prison par la Gestapo et mis au secret à Metz » (1). Certes, mais il était aussi le premier ancien ministre à s’être rendu en Alsace-Moselle pour y prendre langue avec les troupes nazies.

 

La suite des événements est à peine plus claire. Sur ordre d’Heinrich Welsch, le procureur allemand et futur ministre-président de transition de la Sarre en 1955, Robert Schuman est sorti de prison, non pas pour être envoyé en déportation comme d’autres parlementaires français, mais pour être placé en résidence surveillée à Neustadt-an-der-Weinstrasse dans la Forêt Noire. On ignore ce qui vaut cette clémence mais Robert Schuman y gagne clairement au change. Car cette « résidence surveillée » est justement si peu surveillée qu’il s’enfuit vers la zone libre en août 1942, après avoir de nouveau refusé
plusieurs offres de collaboration (2).

Il prend alors des contacts avec le gouvernement de Vichy, mais ces contacts le convainquent qu’il n’a rien à attendre du régime de Pétain. C’est seulement lorsque ont lieu le débarquement allié en Afrique du nord (Opération Torch) et l’invasion consécutive de la « zone libre » par les troupes du Reich que Robert Schuman se décide, enfin, à passer dans la clandestinité…


(1) Robert Schuman, le contemplatif dix fois ministre !, hommage de Michel Albert, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques: http://www.canalacademie.com/ida95-Robert-Schuman.html

(2) http://www.europaforum.public.lu/fr/temoignages-reportages/2008/10/roth-schuman/index.html

6 – Robert Schuman, « planqué » dans des abbayes pendant la Seconde Guerre mondiale, refuse de s’engager dans la Résistance

À partir de novembre 1942, Robert Schuman décide donc de vivre clandestinement, mais il opte pour le cadre bucolique de charmantes abbayes. Il s’installe à l’abbaye d’En-Calcat (ci-dessous à gauche), monastère bénédictin situé dans le Tarn, « dont il suit les heures liturgiques », mais aussi à l’abbaye de Notre Dame des Neiges en Ardèche (ci-dessous à droite) et à l’Abbaye de Ligugé dans la Vienne. À aucun moment il n’envisage de s’engager dans la Résistance. Un de ses collaborateurs aux Finances en 1947-48, François Bloch-Lainé, lui-même engagé dans les mouvements de résistance, dira plus tard que Robert Schuman « avait fait sa guerre à sa manière »….

C’est, encore une fois, une façon bien complaisante de présenter les choses. Ne serait-il pas plus honnête de dire, pour en finir avec la propagande de « l’apôtre laïc », que le réformé de 1908, le planqué de 1915, le munichois de 1938, le défaitiste et le pétainiste de 1940, se planqua de nouveau entre 1942 et 1944, en choisissant finement de s’installer dans des cadres campagnards qui devaient être bien agréables en ces temps où sévissaient les restrictions alimentaires et le marché noir dans les centres urbains.

Abbaye d'En CalcatAbbaye de Notre Dame des Neiges

 

 

7 – Robert Schuman, qualifié de « produit de Vichy », est poursuivi pour « indignité nationale » à la Libération, et fait jouer ses appuis dans l’Église pour y échapper

Cette vision plus juste de la vraie personnalité de Robert Schuman n’échappa nullement à ses contemporains. À la Libération, le ministre de la Guerre, André Diethelm (1), qui devait avoir quelques informations solides, exigea que « soit vidé sur-le-champ ce produit de Vichy » (2). Les autorités de la France Libre le traitèrent pour ce qu’il était : à savoir un ex-ministre de Pétain et l’un des parlementaires ayant voté les pleins pouvoirs au maréchal en assassinant la IIIe République. Ces faits suffirent à le frapper« d’indignité nationale » et « d’inéligibilité ».

Toute honte bue, et mû par l’ambition dévorante de reprendre des responsabilités politiques, cet homme « sans ambition, d’une totale sincérité et humilité intellectuelles » pour reprendre le jugement burlesque repris par Michel Albert à André Philip (3), finit par écrire au général de Gaulle le 4 juillet 1945 pour le supplier de lui retirer ces marques d’infamie. Des « amis » – pour reprendre l’expression de Michel-Pierre Chelini (4) – intervinrent auprès du chef du Gouvernement provisoire pour appuyer cette demande. Quels amis ? Très probablement le clergé mosellan, mais aussi probablement le Vatican de Pie XII.

Charles de Gaulle, qui avait une piètre image de Robert Schuman mais qui, en homme d’État, avait le souci d’apaiser les tensions entre Français, céda à la supplique et intervint pour que l’affaire fût classée. Un non-lieu en sa faveur fut prononcé par la commission de la Haute Cour le 15 septembre 1945 et Robert Schuman reprit sa place dans la vie politique française comme si de rien n’était.


(1) Homme intègre et courageux, André Diethelm était normalien, inspecteur des Finances et ancien directeur de cabinet de Georges Mandel de 1938 à 1940. Il avait ensuite rallié la France libre, où de Gaulle l’avait nommé commissaire à l’Intérieur, au Travail et à l’Information, puis aux Finances et aux Pensions, enfin aux Finances, à l’Économie et à la Marine marchande dans le Comité national français (1941-43). Le 3 mars 1944, il devint commissaire à la Guerre puis, le 9 septembre 1944, ministre de la Guerre dans le Gouvernement Charles de Gaulle (1), et ce jusqu’au 21 novembre 1945.

(2) Raymond Poidevin, « Robert Schuman », collection Politiques et Chrétiens, éditions Beauchesne, 1988, sur le site de la Fondation Schuman : http://www.robert-schuman.eu/schuman_poidevin.php

(3) http://www.canalacademie.com/ida95-Robert-Schuman.html

(4) http://www.robert-schuman.eu/schuman_chelini.php

8 – Robert Schuman, à peu près dépourvu de toutes les qualités d’un homme d’État, devient un politicard de la IVe République, « faux naïf », « habile » dans la « manoeuvre politicienne » et dans la dissimulation de décisions essentielles

À peine relevé de sa peine d’inéligibilité pour collaboration, Robert Schuman se lance donc dans la politique de la IVe République. Il est candidat aux législatives du 21 octobre 1945, et sa liste remporte quatre sièges sur sept en Moselle. C’est ici le lieu de souligner plusieurs points importants du personnage, à commencer par ses qualités médiocres d’homme d’État et de parlementaire.

Robert SchumanFrançois Roth écrit que Robert Schuman « était dépourvu des qualités brillantes, de l’ampleur de vues, de l’audace sans scrupules qui font les personnages hors norme » et que sa vie « n’était pas celle d’un de ces grands individus qui ont façonné l’Histoire.» (1) Michel Albert relève qu’il
était « au physique, comme un grand diable à la silhouette terne et voûtée, vieillissant avant l’âge, dépourvu de séduction. Tous ces traits en firent une cible privilégiée pour les caricaturistes, qui présentaient ce parlementaire comme un curé de campagne sans soutane. » (2)

Tous les observateurs de l’époque se retrouvent pour stigmatiser, parfois méchamment, ses piètres qualités oratoires et son apparence physique, qui ne cadrent pas avec l’image d’un grand responsable politique. Selon E. Borne, « on s’endormait en écourtant sa parole lente, appliquée, sans aisance». Selon Jacques Fauvet, « il donnait l’impression d’être un orateur qui pèse longuement ses arguments comme un vieux pharmacien ses pilules ».(2) Selon Georges Bidault, Président de son parti, le MRP, et qui ne l’aimait pas, Robert Schuman était « un moteur à gaz pauvre »(3) . Il avait « une frêle silhouette et une voix nasillarde » (4). Lui-même reconnaissait : « Je ne suis pas orateur.» Certains brocardaient son allure de « jeune communiant monté en graine », d’autres celle « d’un homme qui est né vieux ». Discret, terne, effacé, il faisait l’impossible pour ne pas se faire remarquer.(2)

Mais au-delà de ces apparences, Raymond Poidevin, pourtant l’un de ses admirateurs, souligne à quel point Robert Schuman « ne manquait pas d’habileté dans le jeu politique » de la IVe République. Il le décrit comme « feutré, faux-naïf », comme « ayant le sens de la manoeuvre politicienne », comme « jouant un rôle clé dans la plupart des crises ministérielles avec un sens aigu des dosages politiques ».(2) Il précise que Robert Schuman savait aussi « contourner les questions indiscrètes des parlementaires soit en commission, soit en débat public » et qu’il estimait devoir « informer le Parlement le plus tard possible sous peine de compromettre une négociation. »(2)

Relevons que ces descriptions trahissent ce qu’a d’évidemment mensonger l’idée selon laquelle il aurait pu être nommé au gouvernement de Pétain sans son accord et y rester près d’un mois sans le savoir. Elles montrent aussi ce qu’ont de naïf les descriptions qui nous présentent comme un modèle de sincérité et d’intégrité cet homme suprêmement retors ayant réussi le tour de force d’être dix fois ministre sous la la IVe République. La dissimulation de Robert Schuman était extrême, comme le dévoile à son corps défendant Raymond Poitevin lorsqu’il précise que celui qui était devenu ministre des Affaires étrangères de la République « restait discret vis-à-vis de l’Élysée dans certaines grandes occasions comme lorsqu’il prépara la ‘‘bombe’’ du 9 mai 1950. Cette même affaire le conduisit à n’informer que deux de ses collègues du gouvernement alors qu’il estimait qu’un ministre doit régulièrement tenir tous ses collègues ‘‘au courant des affaires de son ressort’’ ».(2)

Réélu aux élections législatives de juin 1946, Schuman fut appelé par Georges Bidault à devenir ministre des Finances, fonction qu’il occupa jusqu’en novembre 1947, pour devenir ensuite président du Conseil, c’est-à-dire Premier ministre de la IVe République. En juillet 1948, son cabinet fut renversé sur une banale affaire de crédits militaires. Avec une aptitude consommée à retomber sur ses pieds, Robert Schuman resta pourtant au gouvernement, en devenant ministre des Affaires étrangères, poste qu’il occupera jusqu’en janvier 1953, « soit sous neuf cabinets successifs, ce qui, étant donné l’instabilité ministérielle de la IVe République, représentait une sorte de record », comme le remarque François Roth. Au moment où il arrive au Quai d’Orsay, « rien n’annonce alors que Schuman, qui a 59 ans, sera le futur père de l’Europe » (1).


 

(1) http://www.europaforum.public.lu/fr/temoignages-reportages/2008/10/roth-schuman/index.html
(2) http://www.robert-schuman.eu/schuman_poidevin.php
(3) http://www.canalacademie.com/ida95-Robert-Schuman.html
(4) Présentation faite par l’éditeur du livre Robert Schuman : Homme d’Etat, citoyen du Ciel, ouvrage collectif présenté par Raphaël Clément et Edouard Husson, François-Xavier de Guibert, 2006 http://www.amazon.fr/Robert-Schuman-HommedEtat-citoyen/dp/2755400072

 

9 – Robert Schuman, « n’ayant pas d’idée personnelle », se fait remettre puis s’approprie une « Déclaration » préparée par Jean Monnet et les Américains

En relatant la genèse de ce qui allait devenir la fameuse « Déclaration Schuman » du 9 mai 1950, François Roth montre quece ne fut pas du tout Robert Schuman qui en prit l’initiative mais le secrétaire d’État américain, l’habile Dean Acheson (en couverture du magazine américain Time ►). Au cours d’une réunion informelle sur l’avenir de l’Allemagne qu’il avait organisée à Washington en septembre 1949, et à laquelle il avait convié le Britannique Ernest Bevin et le Français Robert Schuman, Dean Acheson demanda à Schuman « qui a une grande expérience de l’Allemagne, de faire des propositions, de définir un projet sur l’avenir de l’Allemagne » (1).

Robert Schuman, « respectueux des autorités et de l’ordre établi », accepta bien entendu cette mission. Mais celui qui était « peu imaginatif » à la quarantaine avait peu de chance de l’être devenu à 64 ans : il avoua n’avoir pas la moindre idée. Il était d’ailleurs d’autant plus embarrassé que les relations franco-allemandes étaient en train de se détériorer à cause du statut de la Sarre et que le 10 mai 1950 devait se réunir à Londres un Conseil atlantique pour discuter de l’Allemagne, où il perdrait la face s’il n’avait rien proposé de concret d’ici là.

C’est alors que l’on approchait de cette date qu’entra en scène Jean Monnet (ici en couverture du magazine américain Time ►). Officiellement Commissaire général au Plan, Monnet était, de notoriété publique depuis la Deuxième Guerre mondiale, un homme des Américains. Comme si la répartition des rôles avec Dean Acheson avait été calculée au millimètre, Jean Monnet eut le bon goût de transmettre à Robert Schuman un projet de Déclaration tout ficelée et sortie de Dieu sait où. Comme on était le 1er mai 1950, que Robert Schuman « n’avait pas d’idée personnelle » et que «ses services n’avaient rien proposé » (1), le moins que l’on puisse dire est que ce texte transmis par Jean Monnet tombait à point nommé. Une aubaine !

Le texte était tellement ficelé et le calendrier restant à courir avant le 10 mai tellement serré que la seule chose, ou à peu près, qui restait à faire à Robert Schuman, s’il ne voulait pas se ridiculiser, était de le lire et de s’en attribuer la paternité. De fait, et comme le révèle François Roth, « Schuman assume la responsabilité politique du texte de Monnet sans trop communiquer avec ses services ». (1)

Jean Monnet et Robert Schuman

 

Le fait que la fameuse « Déclaration Schuman » n’ait de Schuman que le nom de celui qui l’a lue devant la presse stupéfiera sans doute les lecteurs de 2010, les révoltera ou les laissera incrédules. Mais, outre que cette analyse est conforme aux recherches effectuées par François Roth, elle est aussi absolument conforme au déroulement des événements, au fonctionnement de l’État et à la simple logique. Expliquons pourquoi.

Lecture de la Déclaration SchumanLe 9 mai 1950, Robert Schuman, flanqué de son mentor Jean Monnet à sa droite (cf. photo ►) lut « sa » Déclaration dans le Salon de l’Horloge du Quai d’Orsay devant la presse. Puis, chose étonnante, il quitta rapidement la salle, pour ne répondre à aucune question. Ni des journalistes ni… de ses propres collaborateurs éberlués. Il s’agissait pourtant d’une véritable « bombe » et l’annonce tout à trac de la mise en commun des ressources stratégiques du charbon et de l’acier entre la France et l’Allemagne, de la création d’une Haute autorité commune indépendante des gouvernements, et de la perspective d’une fédération européenne laissa l’assistance, dont quelque 200 journalistes, complètement médusée.

L’historiographie officielle explique d’ordinaire que « le travail avait été entouré de la plus grande discrétion afin d’éviter les inévitables objections ou contre-propositions qui en auraient altéré à la fois le caractère révolutionnaire et le bénéfice lié à l’effet de surprise » (2). Mais de qui se moque-t-on ? Pour qui connaît l’administration française, il est strictement impossible – et heureusement ! – qu’une décision stratégique d’une telle ampleur ait pu être prise en quelques jours par un ministre seul, après que trois personnes l’eussent griffonnée sur un coin de table, sans que les membres de son cabinet, les différents services concernés du Quai d’Orsay, ainsi que les services des autres ministères concernés, n’aient été dûment associés, pendant de longs mois, à l’étude préalable de sa faisabilité et de ses conséquences. Dans le cas contraire, les « inévitables objections », plutôt que d’avoir lieu avant auraient lieu après, et couleraient à coup sûr un tel projet.

C’est également impossible d’un point de vue allemand. L’historiographie officielle ose soutenir que le Chancelier ne fut prévenu à Bonn que le matin même de la conférence de presse prévue à Paris l’après-midi. Et que, tel Ubu Roi consulté au saut du lit, Adenauer « enthousiaste » aurait « répondu immédiatement qu’il approuvait de tout coeur », sans autre précision ni consultation, cette broutille consistant à mettre en commun l’acier et le charbon allemand avec celui de la France puis à bâtir une fédération européenne dans la foulée.(2) . Qui peut croire un instant à une telle fable ?

En réalité, si les administrations françaises, le reste du gouvernement et même le président de la République ne pipèrent mot alors qu’ils n’eurent vent de la « Déclaration Schuman » que le matin même, c’est que tous avaient compris qu’une très grande puissance tirait toutes les ficelles de l’opération. Que cette très grande puissance avait évidemment sondé préalablement les Allemands pour obtenir l’accord du Chancelier, et qu’elle avait acquis un tel poids dans l’appareil d’État français que Robert Schuman savait qu’il ne risquait pas d’être démissionné d’office après une telle incartade.
En bref, cette Déclaration n’avait pas été concoctée par « Jean Monnet et ses proches collaborateurs » , comme veut nous en persuader, parmi bien d’autres, le conte de fées publié sur le site de l’Union européenne (2). Elle était nécessairement le résultat d’instructions, méditées de longue date, émanant de Washington, dont Jean Monnet était l’agent traitant.

 


(1) Source : Robert Schuman, « père de l’Europe » ou saint en veston ?, (compte rendu de : François Roth, Robert Schuman, du Lorrain des frontières au père de l’Europe, Fayard, 2008) http://www.europaforum.public.lu/fr/temoignages-reportages/2008/10/roth-schuman/index.html

(2) Brochure Une idée neuve pour l’Europe – La déclaration Schuman – 1950 – 2000 de Pascal Fontaine, disponible sur http://ec.europa.eu/publications/booklets/eu_documentation/04/txt02_fr.htm

« Jean Monnet et ses proches collaborateurs rédigèrent pendant les derniers jours d’avril 1950 une note de quelques feuillets qui contenait à la fois l’exposé des motifs et le dispositif d’une proposition qui allait bouleverser tous les schémas de la diplomatie classique. Loin de procéder aux traditionnelles consultations auprès des services ministériels compétents, Jean Monnet veilla à ce que ce travail soit entouré de la plus grande discrétion, afin d’éviter les inévitables objections ou contrepropositions qui en auraient altéré à la fois le caractère révolutionnaire et le bénéfice lié à l’effet de surprise. En confiant son document à Bernard Clappier, directeur du cabinet de Robert Schuman, Jean Monnet savait que la décision du ministre pouvait modifier le cours des événements. Aussi, quand, au retour d’un week-end dans sa région lorraine, Robert Schuman annonça à ses collaborateurs : ‘‘J’ai lu ce projet. J’en fais mon affaire’’, l’initiative était alors dans le champ de la responsabilité politique. Au moment même où le ministre français défendait sa proposition, dans la matinée du 9 mai, devant ses collègues du gouvernement, un émissaire de son cabinet le communiquait en main propre au chancelier Adenauer, à Bonn. La réaction de ce dernier fut immédiate et enthousiaste. Il répondit immédiatement qu’il approuvait de tout cœur la proposition. »

      source : http://www.u-p-r.fr/dossiers-de-fond/robert-schuman/la-face-cachee-de-robert-schuman

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